Signé par Isabelle Faure, Pierrette Germain-David et Marie-Cécile Milan, cet ouvrage est une plongée indispensable dans la vie et l’œuvre de Jeanne Leleu (1898–1979), compositrice française prodige, élève de Nadia Boulanger et lauréate du Prix de Rome en 1923. À travers cette étude richement documentée, les autrices redonnent ses lettres de noblesse à une compositrice dont le rôle dans la modernité musicale du XXᵉ siècle a été largement minimisé, voire oublié.
Le livre retrace son parcours exceptionnel : son enfance prometteuse, son entrée précoce au Conservatoire de Paris, son talent reconnu par les plus grands maîtres, son séjour à la Villa Médicis, et son œuvre singulière, pleine d’énergie, de modernité et d’inventivité. Mais il révèle aussi les freins structurels qui ont entravé l’épanouissement de sa carrière :
- la difficulté d’être programmée malgré un catalogue riche,
- des réseaux professionnels verrouillés par des pairs masculins,
- la lente érosion de sa visibilité au fil du siècle,
- l’absence de relais institutionnels pour valoriser l’œuvre des compositrices.
Pour un site web engagé dans la lutte pour l’égalité hommes / femmes dans la musique classique en particulier pour les compositrices et les femmes chef d’orchestre, cet ouvrage constitue un puissant témoignage. Il démontre à quel point l’histoire musicale française reste marquée par l’invisibilisation des créatrices, même lorsqu’elles ont atteint les plus hautes distinctions. Le cas de Jeanne Leleu n’est pas isolé : il est exemplaire d’un système qui a longtemps méconnu les talents féminins… sans leur offrir les mêmes opportunités de diffusion, de commande ou de postérité.
